Roland Barthes

If Barthes presents biography with a problem, it is not because he is absent from his work, but on the contrary because he is inseparable from it. Etymologically, a text is a piece of cloth, one that, in Barthes’s view, is constantly in the process of being woven. In this making, “the subject unmakes himself, like a spider dissolving in the constructive secretions of its web” (The Pleasure of the Text, 1973). However, it is also through these very secretions that the subject resurfaces, in disseminated form, “like the ashes we strew into the wind after death” (Sade Fourier Loyola, 1971). These ashes are what he called “biographemes”. Barthes also came to identify “life writing” – whereby life becomes the text of the work, à la Proust – as a viable way of voicing the intimate. Beyond that, and even beyond meaning itself, he dreamed of a purely gestural writing that would inscribe “the hand as it writes” – his very desire for writing – into the body of his texts.

In literary biography, the life of an author is traditionally read as leading to the work. After Proust and Barthes, the biographer must treat life and work as two separate entities, which both converge and diverge. Samoyault does everything one expects a conventional biography to do, and more, bringing to life the changing intellectual climate of Barthes’ time, making – to take one iconic example – his silence after the events of May 1968 seem perfectly comprehensible. But with Barthes, it is the work that seems to lead to the life, or at least to biography. If our interest in Barthes’ work draws us to investigate the author, then it is not enough to consult the letters, diary entries and ticket stubs of traditional biography. In the end, our biographical investigations must lead us back to the work itself.

By Andrew Gallix

Source: https://www.theguardian.com/books/booksblog/2015/aug/14/roland-barthes-challenge-to-biography

"(...) retirem o sentido, e resta o corpo, por vezes obrigado, e outras gratificado. (Repare-se que os educadores incutem na criança a aversão das formas puras , dos gestos gratuitos, como se ela fosse incapaz de aceder ainda (...) à carícia gráfica, enquanto que para o romancista (...) o prazer da pura cópia só acontece ao fim de uma longa iniciação: é uma sabedoria suprema: a sabedoria do corpo que não dá nenhum álibi de sentido ao seu exercício (...)"

Roland Barthes, O prazer do texto precedido de Variações sobre a escrita. Trad. Luís Filipe Sarmento. Lisboa: Edições 70, 2009.

Cette promotion de l'écriture illisible au rang de notion-clé pour la compréhension d'une partie de l'art contemporain fut sans aucun doute l'une des principales contributions de Barthes à la critique artistique de notre époque. Ce qu'il y découvre, et qu'il reste seul jusqu'à présent à avoir défini avec autant de netteté, c'est qu'il ne s'agit nullement d'une anomalie plastique, d'un divertissement accidentel d'artiste, mais au contraire d'une voie profonde de la peinture, "déjà pratiquée par Klee, Ernst, Michaux et Picasso", et dont la logique perturbante se poursuit obstinément, après Masson, à travers les recherches de Réquichot, Steinberg et Twombly. Reconstituant de texte en texte, cette présence insistante de l'illisible dans la peinture d'aujourd'hui, Barthes met en évidence la nature paradoxalement désirante et érotique de ce travail de brouillage scriptural qui ne déconstruit que pour mieux explorer l'immanence sensuelle du signe. Contrairement aux apparences, l'écriture illisible se situe aux antipodes de l'art dit "conceptuel" où Barthes ne voit qu'une impasse, selon une analyse qui permet, par antiphrase, de situer assez précisément le sens de son propre rapport à la peinture : "...Dans l'art dit conceptuel (art réflexif), il n'y a en principe, aucune place pour la délectation (...) Or voici la conséquence de cette purification : l'art n'est plus fantasmatique; il y a bien scénario (puisqu'il y a exposition) mais ce scénario est sans sujet : l'opérateur et le lecteur ne peuvent pas plus se mettre dans une composition conceptuelle que l'usager de la langue ne peut se mettre dans un dictionnaire. Du coup, c'est toute la critique qui tombe, car elle ne peut plus rien thématiser, poétiser, interpréter ; la littérature est forclose au moment même où il n'y a plus de peinture. L'art en vient alors à prendre en main sa propre théorie; (...) le désir étant expulsé, le discours revient en force : l'art devient bavard, dans le moment même où il cesse d'être érotique. L'idéologie et sa faute sont éloignées, certes; mais le prix qu'on a dû payer, c'est l'aphanisis, la perte du désir, en un mot, la castration..." ("Réquichot et son corps" 1973).

par Pierre-Marc de Biasi: "Barthes et la peinture : le désir de l'illisible"

Source: http://www.pierre-marc-debiasi.com/textes_pdf/2047.pdf